[Ialla_francophone] RETOUR DU DICTATEUR JEAN CLAUDE DUVALIER ET TRAGEDI-COMEDIE DU 28 NOVEMBRE

Florvilus Patrice florvilusp at yahoo.fr
Mer 19 Jan 14:41:48 UYST 2011


RETOUR  DU  DICTATEUR  JEAN CLAUDE DUVALIER 
&
TRAGI-COMÉDIE DU 28 NOVEMBRE 2010 
 Comme l’éclair partant de l’horizon vers les quatre points cardinaux, le retour 
en Haïti du dictateur Jean-Claude Duvalier a fait penser au « Poisson d’Avril » 
moins d’une semaine après  la date commémorative du  jour noir du  12 janvier 
 2010  et deux mois après la tenue de la tragi-comédie du 28 novembre 2010. Ceux 
qui ont vécu le règne sanguinaire des Duvalier ont  cru avoir été rêvés dans un 
rêve quand soudain les nouvelles retentissaient dans les coins et recoins du 
Pays. Incroyable, mais vrai,  le Dictateur Jean Claude Duvalier rentre dans la 
savane de l’impunité après avoir séjourné 25 ans dorés dégustant les fonds 
détournés du trésor public haïtien dans l’ancienne métropole de Saint Domingue 
(la France) qui, jusqu'à date, refuse d’honorer sa dette envers Haïti.
Ce retour spectaculaire  et de mauvais alois survient  dans un contexte 
exceptionnel marquépar les faits saillants que voici :
1-    Demande d’annulation des soi-disant élections du 28 novembre 2010 
réalisées par le gouvernement haïtien en complicité  avec  l’OEA, la CARICOM, 
les grands ténors de l’Amérique du Nord et de l’Europe et des partis politiques 
traditionnellement réactionnaires et sans vergogne ;
2-    La communication du rapport préliminaire de la commission de l’OEA, juge 
et partie dans sa propre cause, recommandant  la reformulation des résultats de 
ce jeu brutal  du  28 novembre 2010 ;
3-    Des révélations du diplomate de l’OEA Ricardo Seitenfussuivis des aveux du 
président René Préval ;
4-    Des voix s’élèvent pour demander au président René G. Préval de respecter 
le mandat constitutionnel de sa présidence arrivant àterme le 7 février 2010 ;
5-    Le constat de l’échec des ONG et de l’Etat haïtien, un an après le séisme 
dévastateur du 12 janvier 2010,  dans la gestion  de l’aide  soi-disant 
humanitaire;
6-    Les vives et grandissantes  mobilisations contre  la présence des forces 
onusiennes  de l’occupation en Haïti  suite  àla contamination du fleuve 
artibonitien par les militaires onusiens ;
7-    Les demandes de différents acteurs politiques favorables àla  formation 
d’un gouvernement d’union nationale  peu de temps après le séisme du 12 janvier 
et suite aux échecs  orchestrés lors de la tragi-comédie du  28 novembre 2010;
8-    Les recommandations d’une commission sénatoriale  composée par les vieux 
compères  Yuri Latortue , Rudy Herivaux, Evaliere Beauplan et consorts en faveur 
du retour des exilés politiques suite àl’interpellation de la première Ministre 
Michel P. LOUIS ;
 Certainement, les jeunes de ma génération, en grande partie, ont peu 
d’informations sur les actes criminels de Jean Claude Duvalier et de ses sbires  
en raison de  quatre(4)  considérations majeures, telles que :
·        La mémoire historique vilipendée  par la classe politique 
traditionnelle haïtienne en complicité avec les  grands acteurs de la «  
communauté internationale »
·        la  faiblesse de notre système éducatif exclusif  et  inadéquat ;
·        la quasi –inexistence  des structures organisationnelles d’éducation 
populaire ;
·        Les récupération et désorientation  cyniques des mouvements   
populaires et sociaux qui ont conduit àla chute de la dictature duvalierienne et 
favorisé l’émergence du mouvement  Lavalas. 

Le retour du fieu tigre,  fils du tigre, s’exclamai –t-il, a fait sortir  de 
leur gong  ceux qui  lui ont toujours défendu et lui défendent encore 
 brandissant l’arme de la prescription  pénale aux fins de pouvoir légalement  
contribuer au blanchissement  de leur vieux copain dictateur sanguinaire. La 
perte  systématique  et voulue de mémoire de nombreux membres de l’appareil 
judiciaire haïtien anti-peuple ne doit en aucun sens   violer  la virginité de 
la mémoire populaire résistant  toujours aux  « kadejakè » nationaux et  au 
gangstérisme international.
Les Duvalier ont assassiné, selon  les statistiques, une trentaine de milliers 
 (30,000) de compatriotes et détournés $ 300 000 000 U.S  entre 1986 et 1990  . 
Certains de ces derniers ont été lâchement abattus pour avoir  été  surpris 
entrain d’écouter Radio Moscou et/ou lire un ouvrage de Karl Max . Ceux qui  ont 
tentéd’avoir des dents contre le règne sanguinaire des Duvalier étaient tous 
étiquetés de communistes ou de « Kamoken ». Malheureusement nombreuses de ces 
victimes en raison de besognes répugnantes et nauséabondes ont choisi de servir 
vilement la classe politique traditionnelle toujours au service de 
l’aristocratie bourgeoise .Qui pis est, nombreuses parmi les anciennes victimes 
du régime des Duvalier   sont  de marionnettes acteurs dans ce jeu de mauvais 
goûts  que nous offre le metteur en scène  René  Préval et ses copains nationaux 
et internationaux.
Pour citer un article de L’Institut Justice et Démocratie pour Haïti (IJDH) et 
du Bureau des Avocats Internationaux (BAI), il est clairement mentionné :«  Les 
crimes de M. Duvalier ne sont pas prescrits. D’après l’article 466, du Code 
d’Instruction Criminelle de la République d’Haïti, les poursuites pour 
détournement de fonds ne sont pas prescrites à cause des actes d’instruction et 
de poursuite qui ont été enclenchés de 1986 à 2008. Les assassinats et tortures 
politiques ne sont pas prescrits, car ils sont des crimes contre l’humanité, qui 
sont imprescriptibles selon le droit international… Un arrêt du tribunal fédéral 
du district sud de Floride dans le dossier de Jean-Juste c. Duvalier, n ° 
86-0459, en date du 8 Janvier 1988, a prononcé une condamnation civile contre M. 
Duvalier pour plus de $ 500 000 000 (U.S.) pour son détournement de fonds 
publics à des fins personnels »
L’article 466 du CIC stipule :  « L’action publique et l’action civile résultant 
d’un crime de nature àemporter la peine de mort ou des peines afflictives ou 
infamantes , se prescriront après dix années révolues , àcompter du jour ou le 
crime aura été commis, si, dans cet intervalle, il n’a été fait aucun acte 
d’instruction ni de poursuite ….s’il a été fait, dans cet intervalle, des actes 
d’instruction ou de poursuite non suivis de jugement, l’action publique et 
l’action civile ne se prescriront qu’après dix années révolues , àcompter du 
dernier acte, àl’égard même des personnes qui ne seraient pas impliquées dans 
cet acte d’instruction ou de poursuite » .
Fort des prescrits légaux de l’article 466 du CIC, àla lumière des plaintes qui 
ont été formulées tant au niveau national qu’au niveau international, la 
poursuite de Jean Claude Duvalier reste et demeure possible. A ce titre, 
l’hypothèse que l’état haïtien n’aurait pas ratifié« la Convention des Nations 
sur les crimes de guerre et crime contre l’humanité »ne peut empêcher les 
victimes et/ou parents des victimes peuvent toujours acheminer leurs plaintes 
directement au Cabinet d’Instruction saisie du dossier du dictateur Jean Claude 
Duvalier ensemble les auteurs et complices des actes criminels perpétrés durant 
tout le règne de la dictature du FILS DU TIGRE.
Jean Claude Duvalier , ses sbires  ensemble ses complices n’ont pas droit de 
citer dans un pays qu’ils ont pilléet détruit dans sa plus simple expression. Un 
détournement de  fonds de l’ordre de $ 300 000 000 U.S  ne peut en aucun cas 
rester impuni. Les dictateurs corrompus et criminels de quelque soit horizon 
qu’ils puissent être doivent être poursuivis par la justice. 

Comment pourrait –on oublier les martyrs de Fort-Dimanche ? Comment pourrait-on 
oser jeter dans les poubelles de l’histoire l’assassinat des trois écoliers 
gonaviens  Jean Robert Cius, Makenson Michel et Daniel Israël ? Quel démon, s’il 
en existe, pourrait-il nous empoisonner  la mémoire  jusqu'à nous faire oublier 
 les traitements infrahumains  infligés aux journalistes Jean  Léopold Dominique 
, Liliane Pierre Paul  et consorts .Si l’assassinat des milliers de nos 
compatriotes peut être si facilement restéimpuni, peut-on obtenir justice et 
réparation pour  Anil Louis Juste  lâchement abattu quelques heures avant le 
séisme du 12 janvier 2010 àla rue Capois , Jean L. Dominique, Jean Mari Vincent, 
Petit Jean Pierre Louis, Antoine Isemery  ,Filbert Jean Louis tuépar l’agent de 
police Francine Desruisseau , Jeff Saint Vilus tuépar le Policier Cazeau 
Barthélemy, Ramong Robert assassinépar le Policier Réginald Larosiliere , 
Beatrice Jean et son bébé tués par un camion des TPTC lors des tirs des 
policiers de l’antenne de Duvivier le 18 décembre 2010, ect… 

Le calcul des corrompus d’aujourd’hui au timon des affaires publiques  est 
simple : S’il est si facile d’accepter la non poursuite des Duvalier sous le 
prétexte fallacieux de la prescription , il n’y aura pas lieu d’envisager la 
poursuite des militaires onusiens  qui ont massacrédes centaines de personnes 
àCite Soleil , la pendaison dans la base népalaise de la MINUSTHA  du jeune 
capois âgé seulement de seize (16) ans   et la mort tragique de plusieurs 
milliers d’haïtiens/d’haïtiennes par la contamination du fleuve de l’Artibonite 
.
Enfin, ce mardi 18 décembre 2010, le parquet de Port-au-Prince a résolu 
d’auditionner le FILS DU TIGRE. Le Commissaire du gouvernement de ce ressort 
accompagnédu juge de Paix Emmanuel Amboise s’était rendu àl’hôtel Caribe 
Convention Center pour ensuite ordonner la poursuite de l’audition du dictateur 
Jean Claude Duvalier  au Parquet. Cet acte juridique a initié des démarches qui 
laisseraient croire que l’arrestation du dictateur était évidente. Cependant, 
cette chorégraphie  théâtrale àscènes diverses  ne visait que légaliser la 
rentrée de Jean Claude Duvalier au pays .Ce, pour faire taire les grandes et 
petites gueules.
Qui pourrait imaginer que la justice haïtienne serait en mesure aux bouts de 
quelques heures seulement d’auditionner quelqu’un, communiquer son réquisitoire 
d’informer, acheminer le dossier au Caibnet d’ Instruction, avoir un juge pour 
instruire l’affaire  jusqu'à arriver àl’audition de l’inculpé par un Magistrat 
Instructeur. Dans la tragi-comédie prévalienne, l’unitéde lieu , de temps et 
d’action de la littérature classique s’applique sans aucune forme de réserve.
L’appel est donc lancé aux secteurs progressistes de bien vouloir se serrer les 
rangs aux fins d’exiger justice et réparation au bénéfice du pays en général et  
en particulier de celui des victimes de la dictature de Jean Claude Duvalier.
 
ABA IMPUNITÉ !  ABA IMPUNITÉ !  ABA IMPUNITÉ !  ABA IMPUNITÉ !
Patrice FLORVILUS
Avocat 


      

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